TL;DR

  • Un studio de yoga de Boston s’associe à des réfugiés au Malawi.
  • Les cours sont gratuits et dispensés par des instructeurs réfugiés certifiés.
  • Le programme soutient le bien-être mental et physique.
  • L’implication de la communauté est essentielle à la pérennité.
  • Les développements futurs incluent des services de santé mentale et une cuisine communautaire.

Dans un monde où le yoga est souvent synonyme de luxe, une initiative remarquable au camp de réfugiés de Dzaleka, au Malawi, bouscule cette idée reçue. Ici, le yoga prend un nouveau sens, loin des images lisses des studios chics et des retraites haut de gamme. Il s’agit plutôt de guérison et de communauté, porté par un programme de yoga mené par des personnes queer, qui transforme la vie des réfugiés.

Imaginez un camp accueillant plus de 60 000 personnes, toutes déplacées par la guerre et la violence politique. C’est Dzaleka, initialement construit pour seulement 10 000 résidents, aujourd’hui débordant de personnes venues de la République démocratique du Congo, du Burundi et du Rwanda. Dans cet environnement difficile, les cours de yoga sont une bouée de sauvetage, offrant des séances gratuites qui favorisent le bien-être physique et mental.

Créée par Daniel Max, copropriétaire de JP Centre Yoga à Boston, cette initiative a commencé lorsque Donatien Fundi, un réfugié à Dzaleka, a demandé de l’aide. Il voulait devenir instructeur de yoga certifié afin de soutenir ses compagnons réfugiés. Avec un peu de créativité et beaucoup de cœur, Max et Fundi se sont connectés par appels vidéo WhatsApp, élaborant un programme de formation d’enseignants qui s’est aujourd’hui épanoui en quelque chose de magnifique.

Aujourd’hui, le camp dispose d’un studio de yoga dédié, grâce à des dons de base venus de la communauté de Boston. Les cours, dispensés par des instructeurs réfugiés certifiés, sont conçus pour aider les participants à traverser le traumatisme, la pauvreté et l’incertitude du déplacement. Ils ne font pas que pratiquer le yoga ; ils reprennent leur vie en main.

Ce qui rend ce programme particulièrement touchant, c’est son caractère porté par la communauté. Bien que des donateurs internationaux apportent un certain soutien financier, les cours et les activités sont entièrement menés par des réfugiés. Cette approche de terrain favorise un sentiment d’appropriation et d’autonomisation parmi les participants. Les séances communautaires attirent régulièrement plus de cinquante participants, et l’énergie y est palpable. Parfois, le studio est si plein que les instructeurs doivent enseigner depuis l’embrasure de la porte !

Par ailleurs, le programme est en expansion. Des projets sont en cours pour ajouter une salle de consultation en santé mentale et une cuisine communautaire afin de servir des repas nutritifs, un luxe dont beaucoup de réfugiés ne peuvent que rêver. Ces ajouts amélioreront non seulement l’expérience du yoga, mais fourniront aussi des ressources essentielles à celles et ceux qui en ont besoin.

Alors que Max réfléchit à l’impact de cette initiative, il établit des parallèles avec la communauté LGBTQIA+, en soulignant l’importance de la famille choisie et des réseaux de soutien. « Lorsque les systèmes traditionnels font défaut, les gens peuvent et construisent leurs propres réseaux de care », note-t-il. Cette idée résonne profondément, nous rappelant que même face à l’adversité, l’amour et le soutien peuvent s’épanouir.

Dans un monde souvent assombri par les conflits et les divisions, l’histoire de ce programme de yoga mené par des personnes queer au Malawi est un phare d’espoir. Elle rappelle que des personnes ordinaires, unies par la compassion et un engagement commun envers la guérison, peuvent faire une profonde différence dans la vie des autres. Parfois, tout ce qu’il faut, c’est un tapis de yoga et la volonté de s’élever mutuellement.

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À propos de l'auteur

Sophia Rodriguez

Sophia Rodriguez, journaliste multilingue, se spécialise dans les questions LGBTQ à l’échelle mondiale. Diplômée de la School of Foreign Service de l’Université de Georgetown, Sophia a rendu compte d’événements depuis p…

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